1 mars 2014
Jour d'automne
Une légère brise secoue les branches du chêne centenaire. L'automne a fait son œuvre. Il a recouvert les branches d'or, barbouillé les feuilles ciselées de sang. Un tapis de mousse et de feuilles sèches nargue les cimes du vieil arbre.
Dressé au milieu du pré, il en a vu d'autres, des automnes. Mais il sent que celui-ci fait partie des derniers. Il savoure chaque instant, lui qui a été planté en d'autre temps. Il aimait les secondes qui s'écoulent, lentes, cérémonieuses, cadencées.
Le tronc est penché, craquelé, fissuré, et héberge en son sein des petits insectes grouillants. Les racines, noueuses, puisent la vie dans la terre fraiche et humide, aux odeurs de fer et de pluie. L'aïeul végétal est encore coiffé de feuilles, mais il sera chauve dans quelques jours.
Le vent souffle à présent, pour achever l'œuvre saisonnière. Mais les feuilles tiennent bon ; elles ne veulent pas être arrachées au vieil arbre, complice d'un été. Au creux des branchages, l'une d'entre elles frisonne. La brise parvient à venir jusqu'à elle malgré le feuillage. La branche est plus fine que les autres, et la voilà qui tangue, faisant bruisser les feuilles pointues.
Et puis soudain, un petit bruit. Un plic qui éclot sur le lustre de la feuille. Première goutte. Deuxième goutte. Puis tout s'accélère, et l'averse s'abat sur le chêne. Il est fouetté, bombardé d'eau. La terre lentement s'engorge de bruine fraîche, mais l'eau alourdit les feuilles sèches. Et la petite feuille est entraînée vers le sol.
Mais elle tient bon, elle est encore accrochée à l'arbre. La goutte pourtant tenace en tombe, et elle se redresse. Mais une autre s'abat dessus, la ramenant plus bas que la branche. Et une troisième la maintient penchée.
Et la feuille lâche.
Dressé au milieu du pré, il en a vu d'autres, des automnes. Mais il sent que celui-ci fait partie des derniers. Il savoure chaque instant, lui qui a été planté en d'autre temps. Il aimait les secondes qui s'écoulent, lentes, cérémonieuses, cadencées.
Le tronc est penché, craquelé, fissuré, et héberge en son sein des petits insectes grouillants. Les racines, noueuses, puisent la vie dans la terre fraiche et humide, aux odeurs de fer et de pluie. L'aïeul végétal est encore coiffé de feuilles, mais il sera chauve dans quelques jours.
Le vent souffle à présent, pour achever l'œuvre saisonnière. Mais les feuilles tiennent bon ; elles ne veulent pas être arrachées au vieil arbre, complice d'un été. Au creux des branchages, l'une d'entre elles frisonne. La brise parvient à venir jusqu'à elle malgré le feuillage. La branche est plus fine que les autres, et la voilà qui tangue, faisant bruisser les feuilles pointues.
Et puis soudain, un petit bruit. Un plic qui éclot sur le lustre de la feuille. Première goutte. Deuxième goutte. Puis tout s'accélère, et l'averse s'abat sur le chêne. Il est fouetté, bombardé d'eau. La terre lentement s'engorge de bruine fraîche, mais l'eau alourdit les feuilles sèches. Et la petite feuille est entraînée vers le sol.
Mais elle tient bon, elle est encore accrochée à l'arbre. La goutte pourtant tenace en tombe, et elle se redresse. Mais une autre s'abat dessus, la ramenant plus bas que la branche. Et une troisième la maintient penchée.
Et la feuille lâche.
Drame d'un automne ; la feuille est allée rejoindre le magma végétal du sol, aux pieds du vieux chêne centenaire. Elle il viendra nourrir les petits insectes irisés, qui logent dans le coeur du vieil arbre, et qui viennent chaque jour un peu plus le tuer. La feuille est devenue leur complice.
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